Le projet Salmé

Salme

Le village de Salmé, après le tremblement de terre du 25 avril 2015 (Cliché : Denis Blamont, mai 2015)

                                         

Soutenir et reconstruire Salmé

Février 2017

Le village de Salmé dans le district de Nuwakot (525 familles, soit plus de 2 000 habitants) a été totalement détruit  par le séisme.  Nous avons choisi d’y intervenir en raison de liens forts noués de longue date par la recherche française dans ce village et prolongés depuis (des années 1980 aux années 2000, de nombreux chercheurs, stagiaires et étudiants de l’INRA ou du CNRS s’y sont succédé). Une grande partie des habitants vit encore à ce jour dans des « bidon-villages » d’une grande précarité.

Nous souhaitons contribuer à long terme à une reconstruction qui non seulement tienne compte des normes parasisimiques, mais se montre respectueuse de la société locale, de ses équilibres, ses ressources et ses savoirs vernaculaires, et tienne compte de l’économie autochtone et de ses échelles de grandeur.

Notre action sur place se situe sur plusieurs niveaux : fédérer et articuler l’aide apportée à Salmé par diverses ONG nationales et internationales ; amener notre propre expertise pluridisciplinaire ; prendre en charge en partie ou dans leur intégralité certains aspects de la reconstruction.

Nous avons développé plus particulièrement un partenariat avec une organisation locale, SAPPROS (Support Activities for Poor PROducerS of Nepal), qui nous est apparue comme un intermédiaire dynamique aux pratiques saines, possédant qui plus est une forte légitimité auprès des habitants. Cependant, nous ne sommes pas le bailleur principal de cette organisation. Nous sommes aussi en dialogue avec les autres ONG présentes sur place, et avec d’autres groupes de représentants du village susceptibles d’agir dans l’intérêt du plus grand nombre.

Pour un bilan détaillé de la situation actuelle, cliquer ici.


I. Les actions propres, prises en charge par le Réseau Chercheurs Népal 

   1° L’urgence et le soutien logistique

 Grâce aux dons nous avons pris en charge :

  • Un premier acheminement d’urgence sur fonds privés en mai 2015 (céréales, sel, sucre, bâches, couvertures), accompagné par un chercheur qui a dressé un premier bilan.
  • Les salaire sur une durée de trois mois (juillet-septembre 2015) pour quatre « social mobilizers » encadrés par SAPPROS.
  • Un second acheminement d’aide alimentaire en octobre 2015 : en effet une partie des familles s’est vue privés de récoltes faute d’avoir semé à temps (5 tonnes de riz répartis équitablement).
  • L’acheminement de semences bio de bonne qualité et la formation à leur utilisation (les réserves de semences ayant été en grande partie perdues sous les décombres) (automne 2015 et printemps 2016).
  • Par ailleurs nous avons coordonné en France la formation du coordinateur de SAPPROS aux techniques de la productions de semences bio, auprès de divers groupes et associations engagés dans l’agriculture biologique, dont notamment Kokopelli, Semences paysannes, etc. (octobre 2016).

   2° L’expertise et le suivi

  • Une expertise du risque géologique a été réalisée par le géomorphologue népalais D.P Adhikari, afin de choisir les meilleurs emplacements pour la reconstruction (automne 2015)
  • Par ailleurs nos chercheurs ont assuré le suivi et l’évaluation, notamment :

 >>>  par des visites répétées lors de l’année 2016 (lire le compte-rendu de Rémi Bordes et Blandine Ripert).

>>> par l’accompagnement d’une équipe d’ingénieurs et d’architectes de ASF Nepal et Architecture&Développement dans l’objectif de mettre en place des formations à la construction parasismique adaptées aux matériaux et ressources locales (avec Blandine Ripert, février 2016).

>>> lors d’un acheminement d’aide alimentaire en octobre 2015 (lire le compte-rendu de Blandine Ripert).

>>> en période de mousson 2015 (lire le compte-rendu de Philippe Ramirez),

>>> lors du premier acheminement d’aide d’urgence (lire le compte-rendu de Denis Blamont)


    3°  Dynamique et coordination

Une partie importante de notre effort a consisté à identifier les différentes organisations susceptibles d’intervenir, à susciter leur intérêt pour Salmé et à les fédérer entre elles pour impulser une dynamique autour du village entre différents acteurs, certains spécialistes d’un domaine d’intervention.

   Aujourd’hui que cette dynamique est en place, le village est devenu le lieu d’une mosaïque d’actions sectorielles de plus ou moins grande envergure. Une coordination spécifique des ONG est orchestrée depuis Trisuli sous les auspices du Department of Urban Development and Building Construction (DUDBC) avec qui nous sommes en contact. A l’autre bout de la chaîne, nous recueillons aussi par ailleurs les retours des villageois sur les projets en cours. Grâce à cette double position, nous veillons à entretenir la cohérence des actions menées.


II. Les actions menées à Salmé sur d’autres financements par des ONG partenaires du Réseau Chercheurs Népal 

  • Architectes Sans Frontières Nepal (ASF) a assuré en octobre 2016, sur l’impulsion du RCN, deux types de formations aux méthodes de construction parasismiques :

>>> l’une destinée aux personnes possédant déjà une expérience, d’une durée de sept jours (60 participants, octobre 2016).

>>> l’autre destinée aux personnes sans expérience, d’une durée de 3 jours (décembre 2016).

  • Le RCN a obtenu que le United Nations Development Program (UNDP) finance l’achat de canalisations en PVC destinées à l’irrigation de plantations de cardamome dans la partie la plus sèche du versant (mai 2016).
  • En coordination avec le RCN, Action Contre la Faim (ACF) a financé et acheminé des tôles ondulées, à hauteur de 90 000 euros, qui ont été distribuées équitablement dans le village (janvier 2016).
  • SAPPROS a obtenu de ACF et d’un fonds de la Banque Mondiale le financement de la reconstruction de la piste menant de Bhalché à Salmé et assuré la participation et le paiement de la main-d’œuvre villageoise. Cela était le préalable indispensable pour envisager l’acheminement des matériaux (décembre 2015).
  • SAPPROS avait obtenu d’Electriciens Sans Frontières des kits de lampes solaires pour tout le village en décembre 2016, mais ces kits n’ont finalement pas pu passer la douane, ayant été considérés comme obsolètes par ces services.

III. Les aides d’urgence apportées hors coordination RCN (Mai à Juin 2015)

Médecins Sans Frontières a apporté des tentes juste avant la mousson 2015 (1 tente pour 2 familles) ; la Croix Rouge a apporté des casseroles à la moitié des familles jugées les plus pauvres ; L’UNICEF a financé la construction de salles de classe temporaires en bambou et feuilles d’arbre, de manière à permettre la reprise d’un semblant d’activité scolaire. L’abri qu’elles représentent est cependant très précaire. L’UNICEF a également apporté une tente permettant d’héberger provisoirement le Centre de Santé et fourni le matériel médical.


IV. Les actions à venir de la part du Réseau Chercheurs Népal

Nous pensons assurer sur nos fonds propres la reconstruction d’un bâtiment d’intérêt public. Nous sommes pour cela en partenariat avec l’organisme Rock and Wood (www.rocknwood.fr), groupe d’architectes français dédié à la construction à partir des techniques vernaculaires, qui sera le maître d’œuvre. L’évaluation du projet et de sa faisabilité sont en cours.